Peux-tu pour nos lecteurs te présenter en quelques mots ainsi que ton groupe ?
Je m’appelle ODYL. J’ai 24 ans. Je fais de la musique depuis une dizaine d’années. Je suis chanteuse et auteur. ODYL, c’est un tout nouveau groupe. J’étais dans un autre groupe avant (NDLR : iLis) mais à la fin, je ne me reconnaissais plus dans celui-ci. C’est pour cela que j’ai crée mon propre groupe.
Comment es-tu venu à la musique ?
A la base, je n’étais pas prédestiné à cela. Mes parents n’étaient pas musiciens mais quand même artistes. Mon père faisait du théâtre, écrivait beaucoup, de la poésie plus particulièrement. J’ai toujours baigné dans l’écriture donc je n’éprouvais aucune difficulté pour composer.
Et puis la musique… mon grand frère écoutait beaucoup de rock et en temps que petite soeur un peu chiante, je lui ai volé son CD de Nirvana, sa guitare. J’ai commencé à la grattouiller pour lui montrer ce que j’avais dans le ventre. Et j’ai appris comme tout le monde qui commence. Au début, j’étais très nulle mais j’ai persisté. Ça m’a plu. Être rock pour moi, c’était plus une mentalité, un état d’esprit que juste de la musique. C’était ce côté extrême comme Nirvana, passionné, aventurier, qui m’attirait. C’est devenu une drogue. Depuis ce temps là, je ne décroche plus de cet univers là.
De quelle façon écris-tu tes textes ?
Pour l’instant, mes textes sont autobiographiques. Ce sont mes sentiments qui parlent mais comme la plupart des sentiments sont universels, j’essaie de faire de mon expérience quelque chose qui parle à tout le monde.
Concernant les titres que tu as interprétés sur scène notamment au Bus Palladium, qu’est ce qu’il se prépare derrière comme projet : un premier album… ?
Là, j’ai enregistré mon premier EP qui va contenir cinq titres. On est en ce moment en train de le mixer. Il devrait normalement sortir à la fin de l’année sinon début 2012. On a pour projet de réaliser un premier album. On a commencé à travailler sur des maquettes, des ébauches de son, de titres. L’album devrait sortir courant 2012.
Qu’est ce que tu écoutes en ce moment ?
Honnêtement, j’écoute de tout. Mon lecteur MP3 est toujours en mode aléatoire. Donc, rien de vraiment particulier en ce moment. Sinon, j’écoute beaucoup Deportivo. J’ai adoré leur premier album. En plus, on a eu l’occasion de jouer avec eux. Côté découverte, j’ai testé hier soir The Duke Spirit, un groupe américain avec une chanteuse hyper énergique que j’ai vraiment aimé. Là, je pense que je suis bien parti pour aller acheter leur album. Après, c’est beaucoup Amy Winehouse non pas parce qu’elle n’est plus là mais car j’ai l’impression de vivre une phase qui ressemble à son album.
As-tu d’autres passions que la musique ?
J’ai fait beaucoup de dessin et de photographie. J’avais commencé des études d’art graphique. Mais comme je suis quelqu’un d’assez extrême et que la musique avait déjà pris le dessus sur autre chose, j’ai décidé d’arrêter mes études. C’est vrai que quand tu y réfléchis, tu peux combiner plusieurs passions en même temps mais j’avoue que cette année par exemple, la musique m’a pris tellement de temps que je n’ai pas ressenti le besoin de faire autre chose. Occasionnellement, je dessine sur de petits calepins.
Est ce qu’au moment d’arrêter tes études, tu n’as pas eu un peu peur de te lancer corps perdu dans la musique ?
Bien évidemment. Mais j’ai suivi mon instinct et la musique l’a emporté. C’est vrai que par rapport à mes amis de lycée qui eux ont un boulot, un appart, moi, de mon côté, je n’ai pas encore une situation hyper stable. Mais d’un autre côté, je fais vraiment ce que j’aime. Et puis, je trouve très important le fait qu’il y’ait des gens qui dévouent leurs vies au nom de leur passion. Je pense faire partie de ceux là.
Certains artistes préfèrent le studio et ont du mal avec la scène. Quel est ton rapport avec la scène ?
Moi, c’est les concerts à fond. J’ai besoin de la scène. C’est viscéral. La vraie ODYL, on ne la voit que sur scène. Cela peut paraître bizarre de dire cela mais j’ai l’impression d’être tout le temps éteinte et de m’allumer juste le temps de la scène. Et je pense que c’est assez visible. Les gens qui m’entourent le savent. C’est pour cela que j’ai un côté schizophrène et que c’est important pour moi de prendre un nom de scène. Je me sers d’ODYL pour incarner parfois la fille que j’aimerais bien être.
HADOPI, tu en penses quoi ?
Punir les gens, ce n’est pas forcément la bonne solution. Tant qu’il sera facile d’avoir de la musique gratuitement, personne n’ira la payer. De mon côté, il se trouve que je me suis un peu novice en informatique, que du coup, je ne me pose pas la question de savoir comment on peut télécharger illégalement. J’ai un MAC et je télécharge principalement sur iTunes. Ça devient tellement simple que tu te rends même pas compte que tu payes ! Je trouve bien le fait que ça soit facile d’acheter de la musique aujourd’hui.
Mais durant un moment, c’était compliqué. Les maisons de disque ont pris beaucoup de retard par rapport aux tendances qui se dessinaient. Elles ne se sont pas posées les bonnes questions au départ et au lieu de développer un nouveau marché sur Internet en sont restés pour beaucoup aux rentes du disque.
Du coup, on en vient avec HADOPI à punir les gens. Je me trompe peut être mais je ne pense pas que ce soit si dissuasif que ça. On dit que c’est du vol et c’est vrai. Cependant, je comprends les gens vivant avec le SMIC qui après avoir tout payé se retrouvent en train de télécharger illégalement. C’est un réflexe normal que de se procurer gratuitement quelque chose qui est payant. Si demain je sais qu’une boutique de fringue propose des chaussures gratuites, j’irai sans hésiter même si je sais que tout cela n’est pas très sain. Car en réalité, tout le monde a en soi une part d’égoisme.
En même temps, il faudrait que chacun se rende compte que derrière chaque produit tel qu’il soit, il y’a des gens qui bossent derrière. Et quelque soit le métier, si chacun peut bénéficier gratuitement du service que tu dispenses, tu ne peux plus taffer. Si tu ne peux plus vivre d’un métier, ça devient problématique.
C’est ce qui se passe avec beaucoup d’artistes aujourd’hui. Il faut créer, chanter, enregistrer, faire des répétitions. Faire de la musique, ça prend du temps. Et ce temps là, c’est de l’argent. Car ce temps là, je pourrais m’en servir pour faire autre chose. Si personne ne paye la musique et donc le temps que tu y as passé derrière, les musiciens vont s’arrêter. Il est nécessaire que les gens aient conscience de cela.
Et est ce qu’une des solutions, même si elle est compliquée à mettre en oeuvre surtout pour les artistes qui ont peu de notoriété, n’est pas de laisser tomber la scène et de consacrer exclusivement le business à la scène, à la mise en place d’un merchandising sur les lieux de tournée, un peu comme fait Prince ?
C’est facile quand tu t’appelles Prince ou Radiohead qui sont dans des majors et qui ont un public suffisant pour qu’ils viennent te suivre sur scène, et surtout qui ont de l’argent pour produire de la musique.
Car produire de la musique, ça coûte beaucoup d’argent. Je suis obligé d’emprunter pour créer ce disque et dans ce cas là, je dois le rembourser pour en faire un second. Donc, quand tu penses comme cela, ce n’est pas possible de juste faire de la scène.
Cependant, je pense que le disque va petit à petit devenir un objet de collectionneur. Et tôt ou tard, le disque ne sera plus le gagne-pain de beaucoup malheureusement. On est face à un dilemme.
As tu envie de dire quelque chose à ceux qui lisent cette interview et qui veulent devenir artistes dans n’importe quel domaine que ce soit ?
Restez fort dans votre tête, ne lâchez rien ! Restez passionné jusqu’au bout ! Si vous en voulez vraiment, soyez persévérant et travaillez ! Il n’y a que le travail qui finit par payer. Et surtout, gardez le même plaisir dans ce que vous faites !
Propos recueillis par David VALERY
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Non, là, je crois que c’est fini.



